HISTOIRE DU SPMF

PRINCIPALES ACTIONS MENÉES PAR LE SPMF

Un grand syndicaliste à dit :"l'action syndicale la plus efficace n'est pas celle de l'instant mais celle qui utilise le temps et la ténacité pour arriver à ses fins"

De 1931 à 1970 :

A la fin de la deuxième guerre mondiale, création de l’UNAF (Union Nationale de l’Apiculture Française) afin que tous les citoyens intéressés par l’abeille se retrouvent dans une seule organisation nationale. Cette harmonie n’a vécu que quelques mois mais témoigne d’une volonté d’union qui ne s’est jamais démentie depuis, malgré les difficultés de la tâche

. • Pour faire obstacle à la chute des cours du miel, création de nombreuses coopératives régionales (dont il ne reste aujourd’hui que quelques unes) et une nationale (France Miel) afin de regrouper l’offre. A l’époque, le miel était en perte de vitesse, remplacé par le sucre pour la consommation domestique et par des sirops industriels dans les produits transformés (pains d’épice etc.).

De 1970 à 1980:

Création de la SMI apicole afin que les apiculteurs puissent recevoir la DJA (dotation jeune agriculteur lors de l’installation). Ce souci de bien intégrer l’élevage des abeilles dans le monde de l’agriculture est une préoccupation constante du SPMF.

Par décret du ministre Edgard Faure, création du Brevet Professionnel Apiculture qui a permis l’ouverture des CFPPA apicoles (Hyères, Laval etc.) de façon à ce que les futurs installés puissent bénéficier d’une formation, comme dans toutes les autres filières. Plus de 1000 apiculteurs en activité aujourd’hui ont été formés dans ces centres.

Sensibilisation des agriculteurs au rôle pollinisateur de l’abeille. Rappelons que c’est à cette période que les scientifiques ont pris réellement conscience de l’apport irremplaçable de l’abeille dans la fructification de nombreuses plantes. Certains modèles de contrat de pollinisation établis à l’époque, à peine réactualisés, sont encore utilisés aujourd’hui.

Participation à la rédaction, pour la France, de la première Directive Européenne Miel N°74/409, qui sera remplacée plus tard par la 2001/110

Première prise en compte de l’abeille dans l’étiquetage des produits phytosanitaires. Après de longues et difficiles négociations le SPMF a réussi à faire reconnaître que l’abeille subissait de graves intoxications. Par arrêté du 4 février 1976, seuls les produits de protection des cultures portant sur l’emballage la mention « non dangereux pour les abeilles » peuvent désormais être utilisés sur les cultures en fleurs.
Même si cette disposition n’a pas été sans conséquences délétères imprévues qu’il convient de corriger le plus rapidement possible, c’était un formidable progrès. Cela permet, dans les discussions d’aujourd’hui, d’aborder directement la nécessaire protection de l’abeille puisque cela fait longtemps que ce principe est inscrit dans la loi.

Création de l’ITAPI (institut technique de l’apiculture) dans les locaux de la station INRA de recherche sur les abeilles et les insectes sociaux de Bures sur Yvette. Il serait trop long d’énumérer ici ce que l’apiculture d’aujourd’hui doit à cet institut technique hélas disparu avec la déconfiture d’ INTERMIEL.

Création du laboratoire d’analyses polliniques à l’INRA de Bures.C’est à partir des avancées de ce laboratoire, sous la direction du professeur Jean LOUVEAUX, qu’est née la technique de détermination des origines florales et géographiques des miels par l’analyse mellisso-palynologique.

Création du « groupe miel » au COPA-COGECA.C’est le début de la reconnaissance de l’apiculture comme production agricole à part entière au niveau européen.
Cela permettra entre autre vingt ans plus tard d’obtenir des aides de Bruxelles ainsi qu’une Directive miel fortement améliorée en 2001 (bien que largement perfectible aujourd’hui au regard de l’évolution des techniques et des fraudes).

De 1980 à aujourd'hui :

Forte implication dans la tentative de structuration de la filière par la création d’une interprofession du miel (Intermiel). Il est dommage que cette structure n’ait pas perduré car cela aurait permis aujourd’hui de pouvoir financer de manière autonome l’Institut technique qui a pour mission de contribuer à trouver des solutions contre Varroa et des explications claires tant en ce qui concerne les pertes de cheptel que la chute de la production ou la désorganisation du marché du miel.
On peut se demander s’il n’y a pas une fatalité à l’échec dans ce domaine puisque la précédente tentative du SPMF au début des années 70 (CNIM, comité national interprofessionnel du miel) était mort-née. Espérons que l’INSTITUT TECHNIQUE (ITSAP, recréé en 2010 et aujourd’hui en graves difficultés financières) ne subira pas, pour les mêmes raisons, le sort de son prédécesseur.

• Création de nombreuses structures techniques telles que : ANERCEA (éleveurs de reines), GPGR (producteurs de gelée royale), ADAS régionales (associations de développement de l’apiculture), CNDA (centre national de développement apicole, fédération des ADAS) etc.…

• Création du groupe européen des laboratoires d’analyses de miels. C’est cette action qui a permis, entre autre, l’ouverture du marché européen au miel de lavande de Provence qui, jusque là, ne pouvait que difficilement franchir les frontières car il contenait souvent plus de 10% de saccharose et quasiment pas de grains de pollens. Cela conduisait les laboratoires étrangers à suspecter une adultération et une « fabrication » industrielle.

• Mise en évidence en 1998 du système de fraude par adultération créé par la Chine pour inonder le marché mondial du miel. Les importations de l’Europe ont immédiatement fortement baissé. Les prix français à la production ont très vite réagi. Quant aux prix mondiaux, ils ont augmenté progressivement pour finir par être multipliés par trois lors du blocage des importations de Chine en 2002 à cause des résidus de Chloramphénicol.

• Succès, avec l’aide de nos collègues italiens, dans la rédaction d’une nouvelle Directive miel (traduite en droit européen le 20 décembre 2001 sous référence 2001/110, et transcrite au Journal Officiel français sous décret N° 2003-587 le 30 juin 2003).
Ce texte qui remplace la « vieille » directive 74/409 oblige entre autre à l’indication du pays d’origine. L’évolution du marché impose désormais une évolution et une adaptation de la réglementation aux nouvelles techniques des fraudeurs.

• Constitution en qualité de partie civile dans tous les dossiers de fraudes dont nous avons connaissance qui font l’objet d’une procédure judiciaire. Signalement à la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence de la Consommation et de la Répression de Fraudes) de nombreux étiquetages frauduleux.

Ce genre d’action est inscrit dans les statuts du SPMF depuis l’origine. Il permet de comprendre l’agressivité contre le SPMF de certains acteurs qui se présentent abusivement aux tiers comme « responsables professionnels ». Pourtant la lutte contre la fraude est une des actions prioritaires de n’importe quel véritable syndicat professionnel. Chaque fois que l’offre est artificiellement augmentée, compte tenu d’une demande équivalente, le prix payé au producteur en est mécaniquement diminué.

• De 1997 à 2002, constitution de tout le dossier technique permettant de remettre en cause les molécules utilisées dans l’enrobage de semence compte tenu de leurs propriétés systémiques. On notera pour l’anecdote que, sur la question très technique des relations abeilles/produits phytosanitaires, les trois apiculteurs appelés à intervenir à la journée organisée par l’AFSSA le 10 septembre 2002 étaient tous adhérents du SPMF.

• Mise en place du cadre national des CTE apicoles, devenus ensuite CAD (contrats d’agriculture durable) puis MAEC (mesures agroenvironnementales et climatiques), pour que les apiculteurs puissent accéder comme les autres agriculteurs aux aides du 2° pilier de la PAC.

• Forte mobilisation dans l’organisation des visites sur le terrain du député MARTIAL SADDIER chargé par le Premier Ministre François FILLON d’un excellent rapport parlementaire sur la filière apicole : voir sur ce point, « POUR UNE FILIÈRE APICOLE DURABLE » remis par Mr SADDIER en Octobre 2008.

• Comme l’apiculture n’avait plus d’institut technique depuis la disparition de l’ITAPI en 1991 à cause des problèmes structurels liés à sa création au milieu des années quatre vingt, suite au rapport SADDIER qui en avait fait l’un de ses objectifs principaux, le SPMF s’est énergiquement impliqué dans la mise en place du deuxième Institut technique apicole ITSAP « Institut Technique et Scientifique de l’Abeille et de la Pollinisation, Institut de l’Abeille » aujourd’hui en grave difficulté.

• A la suite de l’erreur technique qui a conduit la Cour de Justice de l’Union Européenne à considérer le pollen comme un ingrédient du miel au lieu d’un constituant, notre produit risquait de perdre son statut de production agricole primaire pour devenir, comme le pain d’épices, une fabrication artisanale. Une étrange conséquence de cette erreur technique pouvait conduire à ce que la présence tout à fait fortuite d’un grain de pollen de maïs OGM dans n’importe quel type de miel pouvait rendre obligatoire un étiquetage « produit à partir d’OGM », même si le maïs n’a jamais produit un seul gramme de miel. Le SPMF n’a cessé de se mobiliser et de développer les arguments techniques indispensables afin de permettre à la commission de Bruxelles et au Parlement Européen de trouver une solution permettant de « sortir de cette histoire de fous ». Par ailleurs, si le miel contenait des « ingrédients » cela signifierait que les industriels pourraient en modifier la composition à leur guise. Cela aurait été la fin du miel, produit naturel.

• Encouragement à la création de signes de qualité dont l’IGP Provence est la plus belle réussite.

• Participation aux discussions sur la nécessaire évolution du « décret abeille », et à tout ce qui concerne l’indispensable protection des pollinisateurs qui subissent, depuis trop longtemps, les effets non intentionnels des produits de protection des plantes

• Mise en œuvre d’un ring test d’analyses de cires. Dix échantillons identiques, parfaitement tracés, fournis par des apiculteurs méticuleux, ont été envoyés à trois laboratoires différents. Même si les résultats sont très différents d’un laboratoire à l’autre, ils témoignent d’une pollution généralisée des cires par de nombreuses molécules. L’un des laboratoires trouve un fongicide (dont nous ignorions jusqu’à l’existence) sur tous les échantillons. Un autre ne le trouve qu’une fois sur deux alors que le troisième ne le trouve jamais.

Il existe des sociétés privées qui, de leur coté, ont effectué des recherches intéressantes. C’est la mise en commun de tous ces travaux qui permettra, lorsque les conditions seront réunies, de démarrer l’indispensable travail de fond sur les analyses de cire. C’est un sujet pluridisciplinaire d’une importance majeure, y compris probablement pour commencer à comprendre le phénomène de disparition des abeilles.

Ce n’est pas la première fois que le SPMF pratique ce genre d’exercice en toute transparence et objectivité. C’est d’ailleurs à notre initiative que le ring test des analyses de résidus sur abeilles mortes avait été réalisé en 1985.

• Suite à la demande de la Chine qui souhaite une norme ISO pour le miel, accompagné d’une représentante des laboratoires d’analyse, de FranceAgriMer et de l’Afnor, le SPMF a représenté la France à la première réunion de Nanjing le 24 et 25 Mai 2018. Il s’agit d’un enjeu d’autant plus important que, pour l’instant, la Chine tolère des critères techniques incompatibles avec le miel de qualité. Par exemple, un taux d’humidité jusqu’à 23% (alors que le CODEX fixe la limite maximum à 20%) ce qui entraine inéluctablement une fermentation à très court terme. La mise au point de cette norme prendra plusieurs années et nous poursuivrons ce travail.

• D’une manière générale, fidèle à cet esprit d’ouverture qui le caractérise depuis sa création, le SPMF dialogue avec tout le monde.
Chaque année, en marge de notre assemblée générale réservée aux adhérents, nous organisons, sur un thème précis d’actualité, une « journée ouverte » à laquelle participent tous les acteurs périphériques à la production de miel et à la filière dans son ensemble : conditionneurs, coopératives, Instituts techniques agricoles et/ou de recherche fondamentale, ministères et administrations concernés, ONG, sociétés commerciales et firmes chimiques etc.…

Cent à deux cents professionnels participent régulièrement à ce lieu de rencontre privilégié. C’est l’occasion, à chaque fois, d’entamer des discussions qui aboutissent parfois, quelques mois ou quelques années plus tard, à des avancées, toujours insuffisantes mais néanmoins significatives, pour la défense de l’abeille et du miel.

SPMF 15 Août 2018


Chronologie des Présidents successifs du SPMF

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